Au Centre Songhaï, les Sœurs NDA découvrent un modèle vivant de développement intégral

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Au Centre Songhaï, les Sœurs NDA découvrent un modèle vivant de développement intégral

Porto-Novo, Bénin — Une visite au Centre Songhaï de Porto-Novo a offert aux Sœurs NDA l’occasion de découvrir un modèle concret et inspirant de développement intégral — un modèle où l’agriculture, l’écologie, la science, la technologie et la créativité humaine convergent au service des personnes et de l’environnement.

Dans le cadre de leur formation et de leur réflexion sur la Justice, la Paix et l’Intégrité de la Création (JPIC), les Sœurs ont passé la journée à explorer le Centre et à comprendre comment l’utilisation durable des ressources naturelles peut contribuer à la sécurité alimentaire, à l’emploi, à la protection de l’environnement et à l’autonomisation des communautés.

« Rien n’est gaspillé ; tout peut être transformé »

Les Sœurs ont été accueillies personnellement par Fr. Godfrey Nzamujo, O.P., fondateur du Centre Songhaï, qui a partagé avec elles la vision guidant le Centre depuis ses débuts.

Pour lui, Songhaï est bien plus qu’un projet agricole. C’est un laboratoire de développement — un lieu où l’on expérimente, apprend et démontre que les ressources naturelles et humaines de l’Afrique peuvent devenir une base solide pour un développement durable.

Sa vision part d’une question frappante : comment un continent doté d’abondantes ressources naturelles peut-il continuer à connaître une pauvreté généralisée ? Songhaï cherche à répondre à ce paradoxe non pas par la théorie, mais par l’action concrète.

Le Centre montre que l’agriculture peut devenir un catalyseur de transformation sociale et économique lorsque les connaissances, la technologie, le travail humain et les ressources de la terre sont mis en synergie.

Au cœur de cette approche se trouve un principe simple mais puissant : rien n’est gaspillé ; tout peut être transformé.

 Du déchet à la ressource

En parcourant le Centre, les Sœurs ont vu comment cette approche circulaire se traduit concrètement.

Les matières organiques habituellement considérées comme des déchets sont collectées et transformées en ressources utiles. Le compost fournit une fertilisation naturelle pour la production agricole, tandis que les déchets organiques peuvent également contribuer à la production de biogaz, générant de l’énergie au sein du système.

Ce modèle remet en question la compréhension habituelle du déchet : ce qui semble n’avoir aucune valeur peut devenir l’élément d’un autre processus. Ainsi, la production devient plus durable, tout en réduisant le gaspillage et la dépendance aux ressources externes.

Les Sœurs ont également observé la pisciculture et d’autres formes de production agricole, découvrant concrètement comment les différentes composantes du système Songhaï se soutiennent mutuellement.

Mais la vision du Centre dépasse l’agriculture. La production est liée à la transformation, au transport, aux services et à la commercialisation, créant un écosystème où les ressources agricoles génèrent de nouvelles opportunités et de la valeur.

Cette approche intégrée place le développement humain au centre : il ne s’agit pas seulement de produire davantage, mais de transmettre des connaissances, de créer des emplois, d’encourager l’entrepreneuriat et de permettre aux communautés de valoriser les ressources dont elles disposent.

 Une expérience qui engage tous les sens

La visite ne s’est pas limitée à l’observation : elle est devenue une expérience d’apprentissage, de rencontre et de participation.

À midi, les Sœurs ont célébré ensemble l’Eucharistie, apportant dans la prière leurs réflexions et leurs découvertes. La célébration a été suivie d’un repas partagé, préparé avec des produits du Centre — une manière supplémentaire de rendre tangible la philosophie Songhaï.

Ce qu’elles avaient vu pousser dans les champs et être produit dans le Centre se retrouvait désormais dans leur assiette.

La journée s’est conclue par une visite à la pépinière. Là, les Sœurs sont passées du rôle d’observatrices à celui de participantes en plantant du piment “Devil Pepper”.

Ce geste simple — mettre une plante en terre — est devenu une conclusion symbolique : un acte d’espérance, de responsabilité et d’engagement pour l’avenir.

Prendre soin de la création, transformer des vies

L’expérience de Songhaï a offert bien plus que des leçons d’agriculture. Elle a ouvert une réflexion profonde sur le lien entre le soin de la création et la lutte contre la pauvreté.

Les deux réalités sont inséparables. Lorsque la terre, l’eau, les plantes, les animaux et les autres ressources naturelles sont exploités sans souci de durabilité, les communautés en subissent les conséquences. Mais lorsque ces ressources sont gérées de manière responsable et combinées à la connaissance, à l’innovation et à la créativité humaine, elles deviennent sources de nourriture, d’emploi, de dignité et d’espérance.

Pour les Sœurs NDA, ce message résonne profondément avec l’appel de l’Église à prendre soin de notre maison commune et à se tenir aux côtés des personnes qui vivent la pauvreté et l’exclusion.

L’expérience de Songhaï montre que le développement durable ne commence pas nécessairement par des solutions sophistiquées imposées de l’extérieur. Il peut commencer par une observation attentive de ce qui existe déjà — le sol, l’eau, la matière organique, les compétences humaines, les savoirs locaux, les technologies disponibles — et par la question : comment relier et transformer ces ressources pour le bien commun ?

 Une graine d’espérance

Les Sœurs ont quitté Songhaï avec plus que des souvenirs : elles sont reparties avec des questions et des possibilités pour leurs propres contextes missionnaires.

La graine plantée à la pépinière était symbolique. Elle représentait la possibilité que de petites actions concrètes puissent contribuer à quelque chose de plus grand lorsqu’elles sont enracinées dans une vision de vie, de dignité et de durabilité.

L’exemple de Songhaï montre que le développement peut être envisagé autrement : non pas en considérant les personnes ou la terre comme de simples ressources à exploiter, mais en reconnaissant le potentiel déjà présent en chacun et en créant les conditions pour qu’il s’épanouisse.

Pour les Sœurs NDA, cette visite rappelle que la mission de justice, de paix et de soin de la création exige non seulement de la préoccupation, mais aussi de la créativité, de l’action responsable et une volonté d’apprendre des expériences qui ouvrent des chemins vers un avenir durable.

À Songhaï, le message était clair : lorsque la terre est respectée, lorsque rien n’est inutilement gaspillé, et lorsque la connaissance et la créativité humaines sont mises au service du bien commun, les ressources deviennent des opportunités, les déchets deviennent des possibilités, et les communautés peuvent construire leur propre avenir.