La Doctrine sociale de l’Église et la mission NDA pour la justice

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De la foi à l’action : La Doctrine sociale de l’Église et la mission NDA pour la justice

La Doctrine sociale de l’Église, présentée par le P. Elvis Ng’Andwe, M.Afr., a offert une réflexion sur la relation entre foi, dignité humaine et mission pour la Justice, la Paix et l’Intégrité de la Création (JPIC). Enracinée dans l’Évangile, la Doctrine sociale de l’Église nous rappelle que la foi chrétienne ne se vit pas en marge des réalités du monde. Elle appelle au contraire les croyants à un engagement concret et durable en faveur de la dignité humaine, du bien commun, de la solidarité et de la préférence pour les pauvres.

Au cœur de cette réflexion se trouvait une conviction simple mais exigeante : la mission ne peut se limiter à répondre aux conséquences de l’injustice ; elle doit aussi en affronter les causes profondes. Cela requiert courage, conviction et persévérance, particulièrement dans un monde marqué par les conflits, les migrations, les difficultés économiques, le chômage des jeunes, l’insécurité alimentaire, l’endettement croissant et l’exploitation des ressources naturelles.

Lire les signes de notre temps

Le P. Elvis a invité les participantes à porter un regard critique sur les réalités qui affectent les communautés, en particulier en Afrique. La dépendance économique et l’exportation continue de matières premières peuvent limiter les opportunités de développement local, tout en permettant que la majeure partie de la valeur générée par les ressources africaines soit réalisée ailleurs.

L’un des défis majeurs consiste donc à renforcer la transformation et la production locales afin que les communautés bénéficient plus directement des ressources de leur propre continent. L’exemple du cacao transformé en chocolat l’illustre clairement : plutôt que d’exporter des matières premières et d’importer des produits finis, un investissement accru dans la transformation locale peut créer des emplois, dynamiser les économies locales et retenir davantage de valeur au sein des communautés africaines.

Ces réalités montrent pourquoi la mission JPIC ne peut rester une simple réflexion ou une prière. La mission JPIC nous conduit de la prière à l’action.

Une mission d’accompagnement et de solidarité

L’engagement des Sœurs NDA dans le ministère social offre des expressions concrètes de cette mission. Leur participation à des réseaux tels que COSUDOW et Talitha Kum, notamment dans la lutte contre la traite des êtres humains, démontre l’importance de la collaboration pour protéger les personnes dont la dignité et les droits sont menacés.

Cet engagement se manifeste également dans des initiatives NDA comme le Centre Samuel à Fada N’Gourma, au Burkina Faso, qui offre des soins et un accompagnement aux enfants vivant dans des situations difficiles et contribue à leur intégration sociale. De telles initiatives révèlent une mission qui ne se limite pas à une aide immédiate, mais cherche à restaurer la dignité, créer des opportunités et accompagner les personnes vulnérables vers un avenir plus sûr.

Voir, Juger, Agir : De la réalité à la transformation

Le cadre central de la session était la méthodologie JPIC bien connue : Voir – Juger – Agir.
Le P. Elvis a commencé par voir. Avant toute action, l’injustice doit d’abord être reconnue. Cela implique d’être attentif aux situations concrètes où les personnes vivent la pauvreté, l’exclusion, l’exploitation, la discrimination ou la violation de leurs droits et de leur dignité. Cela signifie aussi écouter avec attention les voix et les expériences de celles et ceux qui sont directement touchés.

Mais voir n’est qu’un début. La réalité doit être comprise et discernée. Vient alors juger : examiner les situations à la lumière de l’Évangile, de la Doctrine sociale de l’Église et des valeurs de justice, de dignité et de bien commun. Ce discernement permet de dépasser les réactions émotionnelles et de poser des questions plus profondes sur les causes et les structures qui sous-tendent les situations.

La dernière étape est d’agir. Une fois la réalité vue et comprise, il devient nécessaire d’y répondre. L’action demande engagement, collaboration et persévérance.

Donner un visage à la réalité des migrations

Le témoignage partagé par Sr Evelyn Frimpong,NDA en Italie, a donné au Voir–Juger–Agir une dimension très concrète. Sa présentation a mis en lumière les manières dont les Sœurs NDA collaborent avec des organisations et instituts missionnaires, dont Caritas, Migrants et le CIMI, pour accueillir et accompagner les migrants et les réfugiés.

Ce ministère prend de nombreuses formes : offrir un logement, distribuer des vêtements et des repas, accompagner les personnes dans leurs luttes quotidiennes, intervenir dans les écoles et auprès des jeunes. Derrière chacune de ces actions se trouve la conviction que les migrants et les réfugiés ne sont pas simplement des bénéficiaires d’aide. Ce sont des personnes dont la dignité, l’histoire, les espérances et les droits doivent être respectés.

Cette expérience a montré comment la mission JPIC devient tangible lorsque les communautés répondent aux besoins de personnes souvent vulnérables ou marginalisées, tout en cherchant à comprendre les réalités plus larges qui provoquent les déplacements et l’insécurité.

De la réponse individuelle à l’action collective

La réflexion s’est ensuite élargie du service direct à l’importance du réseautage, du plaidoyer, du lobbying et des campagnes. Si répondre aux besoins immédiats demeure essentiel, une transformation durable exige d’agir sur les structures et systèmes qui continuent de produire l’injustice.

Le réseautage permet aux personnes et aux organisations de partager des expériences, des connaissances et des ressources. Le plaidoyer donne une visibilité accrue aux enjeux qui affectent les communautés vulnérables. Le lobbying ouvre des espaces pour influencer les politiques et les décideurs, tandis que les campagnes peuvent mobiliser la société autour de préoccupations particulières.

La présentation de l’AEFJN a illustré ce passage du local au global. Les expériences et données issues des communautés africaines peuvent nourrir le plaidoyer et contribuer au dialogue avec les institutions africaines et européennes. Ainsi, les réalités locales deviennent partie prenante d’efforts plus larges visant à influencer les politiques et à promouvoir une plus grande justice.

Un appel renouvelé à la mission

La réflexion de deux jours avec le P. Elvis Ng’Andwe, M.Afr., a finalement présenté la mission JPIC comme un mouvement allant de la réalité à l’action. Elle commence par voir et écouter : reconnaître l’injustice et entendre les voix de celles et ceux qui la vivent. Elle se poursuit par le jugement et la discrimination : comprendre les réalités à la lumière de la foi et de la Doctrine sociale de l’Église. Et elle atteint son but par l’action : travailler ensemble pour transformer les situations et remettre en question les structures qui perpétuent l’injustice.

Pour nous, Sœurs NDA, cette approche renforce la conviction que la mission JPIC n’est pas une activité périphérique. Elle est une expression de l’Évangile et une manière concrète de vivre l’appel à servir l’humanité, défendre la dignité, se tenir en solidarité avec les personnes vulnérables et prendre soin de la création.

Le défi est donc clair : voir avec des yeux ouverts, juger avec sagesse et foi, et agir avec courage et solidarité. Ce faisant, la prière devient engagement, l’engagement devient action, et l’action devient un chemin vers la justice, la paix et la transformation.